mercredi 16 mai 2012

Inventaire des outils nécessaires au chantier.


                        L’entrée en la matière est souvent sujette à une longue réflexion concernant sa substance et sa forme. Vous dire que la mienne fait exception à la règle reviendrait à vous mentir, ce qui serait plus que grossier de ma part pour un premier contact (bien que ce bobard se révèlerait être bien bénin pour les lecteurs habitués à bien plus grand simulacre social que vous êtes. Plus c’est gros et mieux ça passe disait Goebbels). A défaut de m’excuser d’avoir abusé de votre crédulité en vous vendant ces quelques lignes miteuses en guise d’avant-propos, je puis vous promettre une réflexion des plus sincères. Ici, point d’aphorisme sophistiqué kantien, de rêvasserie platonicienne ou encore de finesse linguistique zemmourienne, ce dernier empruntant la calvitie frontale au premier et la protubérance nasale au second. Malheureusement pour les auditeurs d’ONPC et l’éventuel intérêt que pourrait présenter cette émission française, la comparaison s’arrêtera au physique (ONPC étant, pour les quelques technophobes n’ayant pas de poste de télévision ou habitant encore le temple d’Angkor Vat, l’abréviation d’On N’est Pas Couché). Certains verront dans cette réserve une incapacité intellectuelle de ma part (à ceux-là j’adresse mon plus beau doigt d’honneur à l’ongle soigneusement coupé), d’autres faisant sans doute preuve de plus de tact, une volonté de simplification. Vous serez sans doute déçus d’apprendre que vous avez parié sur le mauvais poney pour la simple et bonne raison que je pense (à tort diront ceux et surtout celles qui ont, sans mauvais jeu de mots, encore du mal avec le doigt) ne rien avoir à envier à un lustreur de carrelage d’agora, un mangeur de choucroute ou encore à un chroniqueur dont les arguments de crampon finissent par avoir le même effet que les vers d’un certain Francis Lalanne.

A cet instant, mon orgueil, effarouché par votre présence, rend les piques et décide de se terrer dans le blockhaus de ma raison raisonnante. Sans doute est-il intimidé à l’idée de perdre, au profit de TF1 et de The Voice, (je ne porterai là aucun jugement sur ce genre de programmes destinés à l’abrutissement des quelques centaines de milliers de pré-pubères boutonneux en proie par la mue vocale approchant de Justin Bieber…aucun jugement vous dis-je) le tiers des quelques lecteurs qui auront eu l’impudence et la tolérance vis-à-vis de mes quolibets (des grossièretés, je vous l’accorde, presque aussi désagréables que des miettes de pain vous démangeant le pubis) de ne pas mettre un terme à l’aventure (en parlant d’aventure, Koh Lan…et puis non, j’arrête).

A peine aurais-je eu le temps de commenter cette trêve inespérée qu’une nouvelle mise en garde s’annonce, celle d’un réalisme souvent froissant et d’une intransigeance crescendo au cours des écrits qui suivront. Certains le verront comme une charte à choix binaire, d’autres comme une simple notification ; mais les deux seront ravis d’apprendre qu’ils ont en point commun la possibilité de cliquer sur le petit rectangle rouge marqué d’une croix blanche en haut à droite (ou, parité oblige, la sorte de Dragibus ou Tagada rouge en haut à gauche pour les utilisateurs Mac) et de ne plus jamais remettre les pieds (ou en l’occurrence le pointeur souris) sur cette page.

Ces quelques modalités étant à présent fixées, je vous donne rendez-vous pour le début des travaux ; un chantier dont vous pouvez aussi bien être les témoins que les charpentiers et dont la seule compétence requise est la maîtrise d’un outil qui, chez bien nombre de gens, semble avoir pris la poussière : votre cerveau (quoique le pénis aurait parfaitement collé à la description chez certains d’entre vous).

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